Paskua

Paskua (né à Rouen en 1959) est un artiste plasticien et un psychanalyste qui vit et travaille en Polynésie française, sur l’île de Bora-Bora, archipel des îles Sous-le-Vent(RaiateaHuahineMaupiti…). Peintre, photographe, vidéographe, poète, scénariste, réalisateur.

Sommaire

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Sa place dans l’art contemporain[modifier]

Peintre qualifié d' »outsider », de « Singulier » (Jeannine Rivais in monographie « Paskua, Outside In Tahiti »), ou de « néo-expressionniste« , il définit lui-même son œuvre fétichiste de« rituel érotique d’apparition punk post néo-dada« Anarchiste (« anartiste » selon ses termes) il est « depuis les antipodes à l’avant-garde du renversement d’un monde à l’envers » 1. C’est à Raiatea qu’il fut surnommé le « Tahua » (La dépêche de Tahiti, 22 février 2008) (ce qui veut dire en reo māʻohi : le guérisseur, le chamane, littéralement « celui qui voit »).

Il cesse de peindre en janvier 2009 suite à un accident vasculaire cérébral qui l’handicape.

Il initie cependant et co-signe avec le philosophe et sociologue Edgar Morin, le prospectiviste et politologue Pierre F. Gonod, le « Mouvement pour la Métamorphose du Monde » dont il illustre le Manifeste (avril 2009).

Il est le premier artiste résident en polynésie à avoir intégré les collections des musées européens de son vivant, selon Jean-Marc Pambrun, le Directeur du Musée de Tahiti et des Îles.

Comme photographe, il est lauréat du Prix Ilford 2000, Polaroid Award 2003, Finaliste du Leica Fotofrafie Award 2010 et nominé pour le Leica Oskar Barnack 2010. Il est membre de l’agence photographique [ZUMA press].

Il fonde en décembre 2010 la première coopérative d’auteurs pour la production audiovisuelle et multimédia (scop) en Polynésie française : Thelem.

Avec l’artiste et poétesse [lili Oop], qui partage sa vie, il est l’auteur d’une collection de 180 documentaires réalisés sous forme de Petite Œuvre Multimédia (POM), pour Polynésie Première et le réseau de France Télévisions, « TA’ATA », sur la vie du peuple polynésien.

Œuvre[modifier]

Paskua pratique une peinture expressionniste dans la lignée des Cobra (AlechinskyAppelJorn…), des néo-expressionnistes allemands (Georg BaselitzAnselm KieferJonathan Meese, des actionnistes viennois (Hermann NitschOtto Muehl) et de l’américaine Louise Bourgeois sur des supports polymorphes – bois ravagés et calcinés, termitières et vieux sacs à coprah déchirés.

Il utilise une matière première constituée d’une alchimie de résines, de mousse polyurhétane, de pigments, de plumes et fibres naturelles, de langes usagés (pahi), de vieux torchons de peintre, et du cocktail « gitmo », du sang, du sperme et des excréments comme l’utilisent les prisonniers du camp de Guantanamo Bay contre leurs geôliers (« Courrier International », août 2007). Parfois encore, Paskua utilise des poupées-fœtus momifiées.

Dans ses œuvres récentes Paskua introduit la dimension d’une esthétique relationnelle en transformant les effilochures des vieux sacs à coprah sur lesquels il peint, en « nœuds-mémoire » réalisés par le public participant. Son objectif est que l’œuvre devienne ainsi collective, en cours de création/destruction, jusqu’à ce que la trace originelle qu’il a initié disparaisse des regards sous l’accumulation de ces nœuds-mémoire. Dans la vision polynésienne, l’œuvre est alors devenue « TO’O », littéralement « réceptacle des dieux », un objet-fétiche chargé d’une mémoire, d’une énergie presque organique – le « mana« , investi du pouvoir de l’effroi (Julia Kristeva) mais créateur de lien social (Mauss)[réf. nécessaire].

Arnau Puig, le critique d’art catalan et co-fondateur avec Joan Brossa et Antoni Tàpies du mouvement Dau al Set écrit que « L’œuvre de Paskua est merveilleuse. C’est l’expressionnisme devenu culte. C’est une très forte réussite plastique comparable aux plus grands artistes modernes et contemporains qui s’inscrit dans l’histoire de l’art occidental et qui témoigne de l’extraordinaire culture des antipodes que Paskua a très personnellement intégrée et nous apprend à aimer. »2.

Expositions et musées[modifier]

Expositions[modifier]

Paskua expose régulièrement à Tahiti, en Océanie, à New York et en Europe. Il a réalisé de nombreuses expositions en Australie, aux États-Unis, en Italie, en France et en Espagne.

  • Il a bénéficié d’une grande exposition personnelle en Espagne, au Palais Pignatelli de Barcelone, à l’invitation du Rieal Cercle Artistic de Catalogne, en novembre 2007, ainsi qu’à l’AntigAlerie (Paris).
  • Il a été l’invité en 2007 de la Biennale de Lyon, Biennale Internationale d’Art Hors-les-Normes. Il a participé à Art Expo New-York 2008 sur le stand de l’ECAP (Espace Contemporain des Arts du Pacifique)
  • Ses œuvres ont été présentées au Studio 413 de New York en juin 2008 par les curators du Musée Guggenheim de New York.
  • En mai 2008, pour l’exposition collective « Mana » au Musée de Tahiti et des Îles, il présente une de ses œuvres détruite par le feu, un cerf-volant traditionnel māʻohi, action qu’il présente comme l' »Autodafé d’une œuvre fétichiste à valeur immatérielle non nulle« .
  • Il contribue à la Demeure du Chaos de Thierry Ehrmann lors de la Borderline Biennal off Lyon en novembre 2007 pour ce que le New York Times considère comme « l’œuvre monumentale la plus importante du xxie siècle » en inscrivant à la craie cette phrase détournée de Guy Debord« Paskua ne travaille pas au spectacle de la fin du monde, mais à la fin du monde du spectacle ».
  • Son exposition « Metamorphosis » est présentée en 2009 à la Bundaberg National Gallery de Brisbane, Australie.

Une tournée d’expositions de ses œuvres est organisée en Corée du Sud (Séoul et Jeunju) en juin et juillet 2009 à l’invitation du gouvernement de la Corée du Sud.

Musées[modifier]

Ses œuvres ont fait l’objet d’acquisitions publiques et privées, notamment par :

Initiateur du mouvement Upside Down (un art des antipodes pour le renversement du monde à l’envers…) et du Mouvement pour la métamorphose du monde dont il signe leManifeste avec Edgar Morin et Pierre Gonod (2009)

Voir aussi[modifier]

Bibliographie[modifier]

  • Paskua, Outside In Tahiti, édité par l’Espace contemporain des arts du Pacifique aux éditions du Livre d’art, Paris 2007. Préface de Jeannine Rivais.
  • Arnau Puig, Paskuabulletin Reial Cercle Artistic BarcelonèsBarcelone, Espagne, 2007.
  • Riccardo Pineri, « Paskua, un primitif contemporain« , « Ed.Dépêche de Tahiti, février 2008 », Papeete, Tahiti.
  • Huit œuvres de Paskua illustrent le dossier de janvier 2009 du Monde diplomatique3.

Liens externes[modifier]

Notes et références[modifier]

  1.  Le Monde diplomatique, janvier 2009
  2.  Arnau Puig, Bulletin Reial cercle Artistic Barcelonès, décembre 2007, Barcelona, 2007, page 26-27
  3.  Le Monde diplomatique, janvier 2009. Dossier « Qui sont les anarchistes ? », p. 17-21

Source[modifier]

source Espace contemporain des arts du Pacifique

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